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Jean-Luc Devrouëte, référent handicap du CFA Afia : quand la passion est au cœur de la profession.

Jean-Luc Devrouëte, Responsable de Pôle Alternance de la Licence 3 au Master 2 à l’Université Paris 8 et à Data ScienceTech Institute, est également le référent handicap du CFA Afia. C’est l’interlocuteur privilégié des jeunes pépites en situation de handicap du CFA tout au long de leur formation leur formation et lors de leur insertion professionnelle. Il les accompagne dans les situations de la vie quotidienne, il coordonne aussi les relations avec tous les acteurs de l’écosystème afin d’accompagner l’apprenti dans son parcours professionnel et vers l’emploi.

  • De quelle manière mets-tu en œuvre les missions du référent handicap au CFA Afia ? 

Lorsque l’on a conscience de ces missions, on se demande comment on va faire pour les appliquer. Être un CFA hors les murs implique qu'on a affaire à différents partenaires pédagogiques. Alors la première étape, à mon sens, c’est de récupérer des outils déjà existants que chaque collègue Responsable de Pôle puisse utiliser et les mettre à disposition des personnes en situation de handicap. C’est leur transmettre les informations dont ils ont besoin tout en leur mettant à disposition ces outils. 

  • Quel est ton champ d’action ? 

C’est d’être là quand il y a des situations qui se présentent, qu'elles soient liées au financement de matériel, à la mise en relation avec d'autres professionnels, à de l’appui technique ou relationnel, pour faciliter l'intégration de l'apprenti. Parfois on y associe l’environnement, les parents, les enseignants… c’est beaucoup de réunions mais on fait en sorte d’être concis et de trouver une solution efficiente. En général, ça se passe très bien ! 

  • Comment le sujet du handicap est déployé auprès des Chargés de Mission Alternance (CMA) et des Responsables de Pôle Alternance (RPA) ? 

Concrètement, dans un premier temps, c’est déjà d’animer le sujet du handicap, de communiquer via nos messageries internes et d’échanger sur des situations, des outils, des évènements qui ont lieu et qui permettent à chacun d’avoir de l’information. Mon rôle, c’est aussi de leur faire remonter l’information importante. Les réunions, que nous faisons 
régulièrement, nous permettent d’aborder le sujet du handicap et des actions à mener. L’idée c’est de partager cet engagement-là, de dire aux CMA et RPA que sur ce sujet ils ne sont pas seuls. S’il y a un cas qu’ils ne savent pas gérer, ils peuvent retrouver des informations que j’ai déjà faites remonter mais on peut aussi en discuter. Et pour moi, c’est ça le rôle de référent, c’est de faciliter, solutionner, guider les personnes. 

  • Aujourd’hui, quelles sont les initiatives mises en œuvre au niveau du CFA et de ses partenaires pour intégrer durablement les étudiants en situation de handicap ?

Il y a la participation de l’Afia aux évènements qui sont organisés par nos écoles et universités partenaires. Elles ont toutes une cellule handicap qui organise régulièrement des évènements pour faciliter les échanges entre les personnes de l’établissement et celles en externe. Il y d’autres évènements également auxquels on s’associe. Orange Business Service met 
à disposition une bourse de 2500€, par exemple et nous contribuons à identifier les personnes qui pourraient répondre à cette aide.  

  • Un mot sur les aides mises en place par nos partenaires ?

A l’externe on suit les différents acteurs sur le sujet. Je pense notamment à l’Agefiph ou à Défi Métiers. Nous participons aussi aux réunions d’information qui sont mises en place par l’Opco Atlas. L'important, c'est aussi d’avoir une veille continue assez forte sur tout ce qui touche au handicap. Nous sommes en relation également avec des structures qui identifient les aides techniques. Cela est notamment renforcé par le fait qu’on ait un Master Technologies et Handicap qui nous permet de tisser des liens avec des développeurs de sites internet accessibles par exemple. 
Le sujet du handicap est en évolution permanente, donc tout ce qui participe à ce sujet, partager, intégrer, etc., on le fait.

  • Des missions qui tendent vers une égalité des chances ? 

L’égalité, on l’atteint parce que, pour certaines personnes qui sont en situation de handicap qui veulent intégrer une entreprise, on passe plus de temps. Il faut parfois seulement un appui de notre part pour qu’elles soient plus facilement intégrées. 
Aujourd’hui nos filières sont toutes sont capables d’intégrer des personnes en situation de handicap. Beaucoup de handicaps ne se ressentent pas dans les métiers de l’informatique. Pourquoi ? Parce que la formation est à distance ou les métiers peuvent s'exercer de chez soi, notamment pour les handicaps qui freinent la mobilité. Pour tous les autres, des outils ou des moyens existent. Des handicaps visuels, par exemple, se compensent facilement par des double écrans adaptés. Il y a plein de choses qui existent. 
L’ambition qu’on pourrait avoir avec les organismes de financement, les associations, c’est montrer aux personnes qui sont en situation de handicap que le secteur de l’informatique, en terme d’accueil, de conditions de travail, de rémunération, est peut-être pour eux une cible privilégiée. 

  • Quels sont les objectifs futurs ? 

Notre ambition est de créer nos réseaux de partenaires, sensibiliser nos apprentis et nos futurs alumni pour que demain, quand ils seront en entreprise, ils se rappellent aussi qu’ils ont été bien accompagnés dans le réseau Afia, et qu’ils puissent eux-mêmes être inclusifs.
Le grand point positif, c’est la qualité de l’accompagnement. Au début, ils viennent vers nous avec un problème de confiance en eux. Une fois qu'on les a accompagnés à passer le cap de la première embauche avec l'aide des CMA et des RPA, on les aide à se placer et à devenir des femmes et des hommes accomplis. Ils l’ont fait, et nous avons été un petit électrochoc à un moment donné qui fait qu’ils ont (re)pris confiance. Il y a beaucoup de savoir-être dans ce métier. Je leur dis souvent : « Qui ose gagne. Et il vaut mieux déranger que de passer inaperçu. Préparez toujours votre coup d’après. » Une fois qu’ils ont compris tout cela, ils se font un avis et comprennent que cela fait avancer leur cause. 

« Notre base line à l’Afia c’est #RévélateurDeTalents, et des talents on en a plein ! »